[Chronique #32] 28 jours

Auteur : David Safier

Editeur : Presses de la Cité

Date de sortie : 12 octobre 2017

Prix :

  • Broché : 21,50 Euros
  • Ebook : 14,99 Euros

 

 

 

Résumé

 

Ghetto de Varsovie, 1942 : quand les jeunes prirent les armes.

 

Mira, seize ans, passe de la nourriture en fraude pour survivre dans le ghetto. Lorsqu’elle apprend que toute la population juive est condamnée, elle décide de rejoindre les combattants de la Résistance. Aux côtés de Daniel, Ben, Amos, et tous ces jeunes gens assoiffés de vivre, elle tiendra longtemps tête aux SS, bien plus longtemps que quiconque aurait pu l’imaginer. En tout, 28 jours. 28 jours pendant lesquels Mira connaîtra des moments de trahison, de détresse et de bonheur. 28 jours pendant lesquels elle devra décider à qui appartient son coeur. 28 jours pour vivre toute une vie. 28 jours pour écrire son histoire.

Fils de déportés juifs, David Safier revient sur la pire tragédie du xxe siècle en mêlant la petite à la grande histoire. Si l’auteur de comédies désopilantes a changé de registre, il n’a rien perdu de son ambition : confronter le lecteur aux grands questionnements de l’existence en l’arrachant au confort de son quotidien. Avec ce roman d’initiation bouleversant et humaniste, basé sur des événements authentiques, c’est chose faite.

 

Mon avis

 

Je remercie l’éditeur Presses de la Cité pour ce Service Presse effectué grâce au site NetGalley.

Disons le tout de suite, ce livre a été pour moi un véritable coup de coeur. L’histoire de Mira, jeune polonaise juive, vivant dans une époque troublée et sanglante, dans le ghetto de Varsovie. Elle tente d’y survivre tant bien que mal en compagnie de sa mère et de sa petite soeur, en effectuant des petits trafics de marché noir, mais qui reste extrêmement dangereux. Pourtant, à mesure que le temps passe et que les événements terribles s’enchaînent, Mira va être amenée à prendre des décisions difficiles jusqu’à prendre les armes pour lutter coûte que coûte contre la barbarie nazie. Malgré tout, même si la mort rôde autour d’elle et la menace à tout instant, elle va vivre des moments d’espoir, de joie et d’amour.

Tout le roman se situe dans le cadre très sombre du ghetto de Varsovie. Au côté de la jeune Mira, on a un aperçu photographique de la vie quotidienne avant que des mesures radicales pour liquider ce ghetto soient prises. Une vie quotidienne ponctuée de peur, de souffrance, de désespoir. L’auteur arrive à nous imprégner dans cette ambiance grâce à une écriture simple et fluide. Je suis entrée sans problème et rapidement dans cette histoire. Avec l’héroïne, j’ai eu peur pour elle, j’ai ri avec elle, j’ai pris part avec elle lors des rares moments d’espoirs et de joie. Un vrai ascenseur émotionnel. De même, au moment de l’insurrection qui aura duré 28 jours, ce fut tellement bien raconté que j’ai tremblé pour eux.

Les différents personnages sont tous représentatifs de la population. Il y a ceux qui tentent de survivre en restant passif, ceux, plus abject, qui ont décidé de collaborer pour tenter de sauver leur vie et ceux qui tentent de se révolter quitte à mourir dans la dignité. Un panel très large de caractères variés et troubles car aucun n’est bon ou mauvais. Chacun tente de survivre à sa manière, même si cela signifie d’écraser son voisin, même si cela signifie de sacrifier sa propre famille. Divers comportements qui peuvent nous choquer à notre époque, mais malheureusement, cette époque sombre où se situe ce livre ne prêtent nullement aux beaux sentiments.

Tout au long, une question que se pose Mira demeure, Quel être humain veut-elle être ? Un être humain qui accepte de subir l’innommable ? Un être humain qui accepte de collaborer à l’innommable ? Ou un être humain qui décide de se battre contre l’innommable ? Une réflexion intéressante et qui prête à la réflexion. Nous, qu’aurions-nous fait à leur place ?

Enfin, j’ai aimé l’histoire racontée qui vient régulièrement dans le récit. Elle nous apporte un petit bol d’air frais dans un univers oppressant, même si cette histoire n’est rien d’autre qu’une transposition de la réalité dans un monde imaginaire.

Pour conclure, 28 jours fut un livre que j’ai eu beaucoup de mal à lâcher. J’ai été tellement prise dans cette histoire que je n’ai pas vue les pages défilées. Même si Mira est un personnage purement fictif, les événements qui se sont déroulés dans le ghetto de Varsovie ont bel et bien existé. L’auteur a fait des recherches pour nous raconter diverses petites histoires qu’englobe la grande Histoire. Ce livre m’a fait penser à un autre grand livre qui traite également de cette période, dans ce même lieu : Le pianiste de Wladyslaw Szpilman

J’ai trouvé que ce livre fut un bel hommage à cette poignée de combattants anonymes, issus d’un peuple qu’on pensait qu’ils se laissaient simplement conduire à la mort comme du bétail, mais qui a su se défendre pendant une poignée de jours, avec des moyens ridicules, contre une armée puissante.  

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