[Chronique #57] Celui qui disait non

Auteur : Adeline Baldacchino

Editeur : Fayard

Date de sortie : 10 janvier 2018

Nombre de pages : 272 pages

Prix :

  • Broché : 18 Euros
  • Ebook : 12,99 Euros

 

 

Résumé

 

Quand August et Irma comprennent que la politique rattrape toujours ceux qui s’en défendent, il est déjà trop tard pour survivre, mais encore temps de mourir libres.
Le 13 juin 1936, un homme perdu dans la foule, sur le quai d’un chantier naval de Hambourg, refuse de saluer Hitler. Le 28 avril 1942, une femme fait partie du premier convoi des gazées de Ravensbrück. Ou comment une histoire d’amour devient une histoire d’insoumission.
Ce roman est leur tombeau, dédié aux vivants qui voudraient se souvenir de l’avenir.

 

 

Je remercie les éditions Fayard pour ce Service Presse effectué via le site NetGalley.

 

Mon avis

 

J’ai sollicité ce Service Presse car le résumé donné par l’éditeur sur le site NetGalley m’avait intriguée. Et comme j’apprécie en général les livres racontant cette époque trouble, je n’ai pas beaucoup hésité et je me suis lancée. Et je ne l’ai pas regrettée car je me suis prise une claque.

L’auteur, qui est également la narratrice de l’histoire, tombe un jour sur une photo qui va l’intriguer. Celle d’une foule faisant le salut hitlérien, sauf un homme, un homme qui n’a pas lever la main ce jour-là. Et suite à cette découverte, elle va peu à peu remonter le fil de l’histoire de cet homme, August Landmesser. Ce dernier, ancien membre du parti nazi, va s’en détacher pour l’amour d’une femme, Irma Eckler, une juive dans un pays et une époque qui les déteste. Et c’est pour cet amour complètement fou, qu’August va braver petit à petit les interdits et le danger pour avoir le droit d’aimer cette femme.

La particularité de ce livre, c’est qu’on suit deux axes temporels très distinct. Celle de 2017, où la narratrice mène une sorte d’enquête, en suivant les pas d’August et Irma. En effet, elle se rend dans les différents lieux où ils ont vécu et connu. On ressent son émotion à la vision de ses lieux et on a l’impression d’y voir les fantômes de ces personnages. Le deuxième axe est celle où vécurent August et Irma. A travers eux et leurs enfants, on y suit non seulement leurs histoires tourmentées mais également celle de l’Allemagne. La petite histoire s’entremêle à la Grande avec brio.

August n’est pas un héros résistant comme on a l’habitude de voir dans la littérature. Il n’a pas de fait d’armes glorieux, et il n’a rien d’un terroriste. Pourtant, ce simple geste ou plutôt cette absence de salut au milieu d’une foule exaltée, va être le déclencheur. Son amour pour Irma est plus fort que tout, plus fort que la cruauté, plus fort que la loi. Pour elle, il est prêt à toutes les folies. J’ai aimé ce personnage qui est juste un homme simplement amoureux.

J’ai tout particulièrement apprécié les interrogations de la narratrice qu’elle fait à August, comme s’ils vivaient à la même époque, comme s’il allait lui répondre. Cela donne une interaction particulière entre eux dont un demi-siècle sépare les existences.

L’écriture est simple à suivre et nous permet de suivre aisément le passage d’une époque à l’autre. Les phrases sont en général courtes et retranscrivent bien les événements comme si l’auteur était sur place lors des événements et qu’elle écrivait à vif.

Au final, ce récit n’est pas tout à fait une biographie, ni tout à fait une fiction. Honnêtement, j’ignore la part de vérité et la part de fiction mais ce n’est pas le plus important ici. Nous avons juste l’histoire de cet homme qui a refusé de faire le salut hitlérien pour Irma, juste l’histoire d’un amour maudit et interdit entre deux êtres plongée dans l’enfer. Tout simplement l’histoire d’un homme et d’une femme.

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