[Chronique #72] Là où s’achève l’histoire

Auteur : Frédéric Delmeulle

Editeur : Librinova

Date de sortie : 28 novembre 2017

Nombre de pages : 199 pages

Prix :

  • Broché : 16,90 Euros
  • Ebook : 2,99 Euros

 

 

Résumé

 

La route vient de l’est. Elle se perd à l’ouest dans un désert cyclopéen. En dehors d’elle, rien ne survit longtemps ici. Elle gouverne toutes les existences.
Le matin, il faut rouler.
Le soir, lorsque la file des voitures s’arrête, cela fait comme un trait de métal qui relie les deux horizons en brillant d’un éclat malsain.
De la route, Alméria ne sait rien de plus que les autres. Tous espèrent que le voyage prendra fin un jour, mais nul ne saurait dire où ni pourquoi. Ce monde, en somme, est bâti sur des questions qu’il est préférable de ne pas poser si on veut survivre.
Alméria, lui, ne vit plus que pour obtenir des réponses. Son histoire commence vraiment à l’instant où il aurait dû mourir.

 

Je remercie les éditions Librinova pour ce Service Presse.

 

Mon avis

 

Etrange… fut le premier mot qui me vint à l’esprit après la lecture de ce livre. Inclassable pour ma part. Là où s’achève l’histoire, écrit par Frédéric Demeulle, m’a dérouté du début à la fin.

Imaginez un monde où une route s’étend vers l’infini. Un monde régit par une terrible tyrannie. Un monde où les Hommes sont condamnés à rouler tous les jours sur cette fameuse route, sans s’arrêter sous peine de mourir. Un monde où la loi du chacun pour soi y règne. C’est dans ce monde où vit Alméria. Cela fait des années qu’il se trouve obligé de circuler, sans but précis hormis la survie, avec le désert pour tout décor.

L’histoire alterne plusieurs points de vue. Ces points de vue ont tous été à un moment donné en contact avec Alméria et donc le connaissent relativement bien. Ainsi, nous avons les points de vue de Blazhko, Shallis et Anaxis. Plus un petit dernier dont je tairais le nom pour ne pas spoiler. Chacun correspond à une étape importante dans la quête d’Alméria.

Le récit est bien raconté et écrit. Même si au début, on ne comprend pas tout car l’auteur ne distille vraiment les informations sur le monde qu’au compte goutte. Cela donne une impression qu’on est perdu, tout comme l’est Alméria.

Alméria est un personnage intéressant et passionnant. Au début un peu étrange et asocial, il évolue d’une façon surprenante tout au long du roman. Ainsi, on découvre en lui une facette sombre, très sombre, un homme prêt à tout pour atteindre son objectif qu’il s’est fixé, quitte à laisser des cadavres derrière lui. Même si la violence ne fait pas partie intégrante de son être, à cause du monde dans lequel il est obligé de vivre et se soumettre, cette part de violence qui sommeille en lui fait surface à tel point que je l’ai trouvé abject à certains moments. Mais on sait qu’il n’a pas le choix.

Bizarrement, l’univers du roman m’a un peu fait penser à 1984 de George Orwell, dans le sens où c’est un monde où tout est sous contrôle. Une entité particulière qui contrôle et décide de qui doit vivre et qui doit mourir. De plus, les différentes Voies hermétiques les unes aux autres représentent de façon indirecte les différentes classes de la société actuelle. Ainsi, nous avons ceux qui vivent dans l’abondance (les Voies supérieures) et ceux qui doivent se battre au quotidien pour tenter de survivre (les Voies inférieures). Et c’est tout ce système qui s’avère effrayant. L’Homme n’a plus son libre arbitre.

Pour conclure, je dirais que c’est un roman atypique et particulier. C’est pour cela que, sincèrement, je ne pense pas qu’il pourra plaire à tout le monde. Mais si vous aimez les univers dystopiques à la George Orwell, je pense que vous pouvez malgré tout vous laisser tenter, ne serait-ce que pour découvrir une jolie plume et une histoire originale.

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