[Chronique #95] Pour que je sois la dernière

Auteur : Nadia Murad

Editeur : Fayard

Date de sortie : 7 février2018

Nombre de pages : 374 pages

Prix :

  • Broché : 20,90 euros
  • Ebook : 14,99 euros

 

 

Résumé

 

La vie de Nadia Murad a basculé le 15 octobre 2014, lorsque les djihadistes de Daech sont entrés dans le petit village de Kocho, en Irak. Ce jour-là, après avoir rassemblé tous les habitants de cette communauté yézidie dans l’école, les terroristes les ont méthodiquement tués ou kidnappés. L’horreur avait été programmée : les hommes qui refusaient de se convertir à l’islam devaient rejoindre dans les fosses les femmes jugées trop vieilles pour servir. Et parmi elles, la mère de Nadia Murad.
La jeune Yézidie est emmenée à Mossoul avec des milliers d’autres jeunes fi lles pour y être vendue. Servante, esclave sexuelle, elle devient la prisonnière de combattants de l’État islamique, jusqu’à sa fuite miraculeuse, grâce à l’aide d’une famille irakienne sunnite.
Nadia Murad, meurtrie par la disparition de tant des siens et par ce qu’elle a subi, vit aujourd’hui en Allemagne. Malgré les humiliations, elle a décidé de prendre la plume pour tout raconter. Pas pour elle, puisqu’il est déjà trop tard, mais pour tous les Yézidis et pour toutes les autres femmes victimes de violences.
Aujourd’hui, Nadia Murad n’a qu’un seul souhait : « Être la dernière fille au monde à avoir à raconter une histoire pareille. »
Ce livre est son histoire.

 

Je remercie les éditions Fayard pour ce Service Presse effectué via le site NetGalley.

 

Mon avis

Comment de telles monstruosités sont-elles possibles ? Ce fut la question qui me traversa l’esprit tel un leitmotiv tout au long de ma lecture de ce témoignage fort et poignant de Nadia Murad.

Pour que je sois la dernière, est le témoignage de Nadia Murad, jeune femme originaire d’Irak et vivant au sein d’une communauté minoritaire religieuse, la communauté yézédie. Elle nous raconte son enfance, pauvre de richesse mais riche de coeur, entouré de sa mère aimante et de ses nombreux frères et soeurs. Malgré les brimades subies par les autres communautés religieuses, la famille tente de vivre le mieux possible. Pourtant, leurs vies basculent dans l’horreur le jour où Daesh arrive dans leur village. De là débute un chemin vers l’enfer et de son combat pour retrouver sa liberté…

Le récit est partagé est trois parties. Dans la première partie, Nadia nous narre donc son enfance à travers ses yeux d’enfant. On y découvre ainsi la vie rude et simple des Irakiens dans la campagne. J’ai aimé aussi découvrir la communauté yézédie dont je n’avais jamais entendue parler, avec leurs traditions. La seconde partie commence par l’arrivée de Daesh. Nadia nous raconte l’attente insoutenable de son village sans savoir ce qu’il allait se passer et les exactions de ces derniers. Violence, viol, brimades ont balayé l’enfant pour faire place à une femme brisée, avide de liberté. Enfin, dans la dernière partie, c’est son combat pour recouvrir la liberté et fuir, fuir ces monstruosités, fuir ses monstres.

Comme vous pouvez vou en douter, ce témoignage est d’une dureté et d’un poignant sans limite. Chaque phrase, chaque mot nous prend dans les tripes et nous fait découvrir l’ampleur de l’horreur vécue, notamment sur le traitement inhumain infligé aux femmes. Ces dernières ne sont plus considérées comme des êtres humains, mais comme des esclaves présentent pour le plaisir des “combattants”. Tels des meubles, elles sont vendues, achetées, échangées et converties de force.

J’ai ainsi découvert l’horreur de l’envers du conflit. Dans les médias, on y voit principalement les bombardements, les combats mais peu voire pas du tout de l’esclavagisme subi par de trop nombreuses jeunes femmes voire de jeunes adolescentes. Et je remercie Nadia Murad de son témoignage qui permet de nous ouvrir les yeux sur cette réalité encore présente à notre époque et de se faire la porte-parole de toutes ces femmes meurtries. Un livre à lire et qui nous interdit de fermer les yeux sur cette horreur.

 

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