[Chronique #129] Chère Mrs Bird

Auteur : A.J. Pearce

Editeur : Belfond

Date de sortie : 5 avril 2018

Nombre de pages : 360 pages

Prix :

  • Broché : 21 euros
  • Ebook : 14,99 euros

 

 

Résumé

 

Dans la droite lignée du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, un premier roman plein de charme et d’humour british, véritable ode à l’amitié, à la générosité et au courage des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Londres, 1941.

À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au
London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin
Women’s Day qui lui est offert.

La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird…

Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

 

Je remercie les éditions Belfond pour ce Service Presse effectué via le site NetGalley.

 

Mon avis

 

Londres, 1941. Emmy Lake est une jeune femme d’une vingtaine d’années qui a une ambition dans la vie, devenir reporter de guerre. C’est donc avec une joie certaine qu’elle postule pour une place, pensant postuler pour un grand journal. Mais elle se rend compte de son erreur quand elle se retrouve dans un journal féminin et plus particulièrement au service courrier des lectrices. Ces dernières adressent leurs questions à la rédactrice en chef, Mrs Bird, qui possédant des principes moraux extrêmement strictes, ne daigne pas prêter attention à toutes les missives. Qu’à cela ne tienne, Emmy, touchée par certaines lettres de désespoir, décide de leur répondre en empruntant illégalement le nom de sa rédactrice en chef…

Ce qui m’a frappé en premier lieu en lisant ce livre de A.J. Pearce, c’est la légèreté du ton employé. On est loin des récits tragiques propres à l’époque. Ici, on suit l’optimisme débordant et communicatif d’Emmy. Cette dernière est loin d’être l’écervelée qu’on pourrait la prendre. Certes, elle est impulsive et rêveuse, mais bien souvent, la réalité de la vie et des événements qu’elle est amenée à vivre et à subir la font descendre rapidement sur terre et lui donne une certaine maturité. Elle reste généreuse et courageuse, preuve en est son engagement dans l’effort de guerre et sa décision d’aider coûte que coûte ses lectrices délaissées par la terrible Mrs Bird. Ces décisions sont souvent prises sur un coup de tête mais elle les assume jusqu’au bout.

Bien souvent, on oublie l’époque du récit, l’auteur parvenant à introduire des moments de calme et de joie dans son roman. Malheureusement, la réalité revient tout aussi vite au rythme des bombes qui pleuvent sur Londres. Ainsi, à travers le ton enjoué et optimiste du livre, on découvre malgré tout la vie vécue par les Anglais lors du blitz et le courage dont ils ont su prendre pour ne pas courber l’échine malgré les bombes et les souffrances endurées.

Mrs Bird m’a fait penser à la rédactrice en chef dans le livre Le Diable s’habille en Prada. Tyrannique avec ses subordonnées, elle se montre hautaine, fière et parvient à maintenir son entourage dans une crainte constante, à l’image de son assistante qui courbe l’échine dès qu’elle entend sa voix. Elle est aussi d’une hypocrisie à toute épreuve. Elle est la caricature parfaite des femmes de haut rang qui sont partagées entre l’aide aux oeuvres de charité pour l’extérieur et leurs principes moraux rigides qui les font exclure de leur vie (ici les lettres) tout ce qui peut les entächer, sans prendre en compte les souffrances d’autrui qu’on ressent dans les différentes missives et qui ont su toucher le coeur d’Emmy.

J’ai beaucoup aimé Chère Mrs Bird. A travers la vie d’une jeune londonienne, c’est le reflet de toute une société, plongé dans un contexte difficile et violent, qui est mis en avant. Certes, Emmy peut agacer par moments par ses exubérances, mais elle reste néanmoins très attachante et représente tout un pan de la jeunesse anglaise participant à l’effort de guerre pour leur pays sans en oublier pour autant de vivre et d’espérer des jours meilleurs.

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