[Chronique #154] L’aile des vierges

Auteur : Laurence Peyrin

Editeur : Calmann-Levy

Date de sortie : 28 mars 2018

Nombre de pages : 468 pages

Prix :

  • Broché : 20,50 euros
  • Ebook :  9,99 euros

 

 

Résumé

 

Doit-on trahir ses convictions et ses rêves
pour un peu de bonheur personnel ?
Un extraordinaire portrait de femme libre

Angleterre, avril 1946. La jeune femme qui remonte l’allée de Sheperd House, majestueux manoir du Kent, a le cœur lourd. Car aujourd’hui, Maggie O’Neill, un fort caractère, petite-fille d’une des premières suffragettes, fille d’une féministe active, va entrer comme bonne au service des très riches Lyon-Thorpe. Et la seule consolation de Maggie est que personne ne soit là pour assister à sa déchéance, elle qui rêvait de partir en Amérique et d’y devenir médecin. Qui en rêve toujours, d’ailleurs.
L’intégration parmi la dizaine de domestiques vivant comme au siècle précédent est difficile pour Maggie. Elle trouve ridicules les préoccupations et exigences de Madame, surnommée par ses employés «  Pippa-ma-chère  », car c’est ainsi que ses amies l’appellent à grand renfort de voix haut perchées. Le maître de maison, lointain, l’indiffère. Seul trouve grâce à ses yeux le vieux lord, âgé de près de cent ans, qui perd la tête et la confond avec une mystérieuse Clemmie à qui il déclare son amour.
Mais Maggie va bientôt découvrir que le maître de maison, John Lyon-Thorpe, est loin d’être l’héritier phallocrate qu’elle imaginait. Ils entament une liaison passionnée. Comme elle, John est prisonnier de son destin, et veut s’en libérer. Il a grandi en Afrique, où son père avait une immense propriété, et compte y retourner. Il éprouve  les mêmes envies d’ailleurs que Maggie, le besoin de se sentir vivant.
Et du jour où elle s’avoue son amour pour John, Maggie comprend qu’elle va devoir choisir entre la promesse du bonheur et son aspiration à la liberté.

 

Je remercie les éditions Calmann-Levy pour ce Service Presse effectué via le site NetGalley.

 

Mon avis

 

L’aile des vierges est une romance historique écrite par Laurence Peyrin et publiée par les éditions Calmann-Levy.

L’auteur nous fait suivre l’histoire de Maggie O’Neill, jeune veuve anglaise, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Cette dernière trouve un emploi de domestique chez les Lyon-Thorpe, aristocrates fortunés. Elle a du mal à s’y intégrer, en partie à cause de son éducation très féministe. En effet, sa grand-mère était une suffragette et sa mère sage-femme féministe. Pourtant, le jour où son regard croise celui du maître des lieux, son univers terne bascule…

Avant de commencer la lecture du livre, j’avais peur de me retrouver devant une “banale” histoire d’amour comme on en voit tant entre le riche patron et la domestique qui se situe tout en bas de l’échelle. Pourtant, au fil des pages, Laurence Peyrin a su me captiver et m’entraîner dans la vie de ses personnages.

Maggie O’Neill est un personnage auquel je m’y suis attachée très fortement. Elle est loin d’être la frêle et soumise jeune femme, écrasée par les conventions sociales de son temps. Bien au contraire, elle n’hésite pas à défendre ses convictions et se bat pour ce qu’elle croit être juste. Toute sa vie, elle subit l’influence des idées avant-gardistes de sa grand-mère et de sa mère mais sait s’en détacher et prendre de la distance selon les situations. Elle n’est donc pas totalement “influençable” même si par moments, ses choix m’ont laissé un peu pantoise. 

Son histoire avec John Lyon-Thorpe est certes classique, mais elle reste suffisamment prenante et émouvante sans qu’on entre dans la niaiserie.

Grâce à des descriptions précises, les différents lieux retranscrits par l’auteur, surtout celle se déroulant en Angleterre. J’avais l’impression de retrouver une ambiance à la “Downtown Abbey”, avec les maîtres et la domesticité. On y retrouve l’ambiance des salons feutrée de l’aristocratie et les cuisines au sous-sol destinés aux domestiques. Deux mondes en opposition vivant sous le même toit.

Bien sûr tout n’est pas rose, et quelques défauts m’ont un peu gâché la lecture. Tout d’abord certains personnages qui sont vraiment caricaturaux tels que Pippa-ma-chère qui pousse l’image de la femme aristocrate narcissique et imbue d’elle-même. Il y a aussi les autres domestiques qui rentrent un peu trop facilement dans des “cases”. Enfin, la fin. Même si c’est une vraie fin, je l’ai trouvé un peu facile et pas vraiment surprenante contrairement à d’autres moments de l’histoire que je n’avais pas vue venir.

Sans être un coup de cœur, j’ai globalement bien apprécié ma lecture, le personnage de Maggie y est fortement pour beaucoup. On y voit son combat incessant entre son coeur et son esprit. En ayant placé son histoire tout de suite après la Seconde Guerre Mondiale, l’auteur a su nous montrer l’évolution de la condition féminine après l’époque des suffragettes, et leur envie de se défaire de ce carcan sociale rigide encore trop présente dans les campagnes. Une lecture agréable que je ne peux que vous conseiller surtout si vous aimez les romances historiques.

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